Billet de blog
14.04.2011
V.O. sur rhone-alpesolidaires.org Mots-clés : Finances solidaires, Solidarité internationale
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Lancé en septembre 2010, le site de micro-crédits en ligne Xetic.org a réussi son décollage : 500 prêteurs, 27 000 € collectés et prêtés à 80 micro-entrepreneurs en Afrique. Face au poids lourds du secteur, Xetic se démarque par son attachement à la non-lucrativité et au statut associatif. Rencontre avec Jérémy Camus, président de l'association.
Quelle idée est à l'origine de Xetic ?
L'idée était de permettre à des personnes, vivant souvent en France, de prêter quasi directement de l'argent à d'autres personnes en Afrique et de soutenir un projet de création ou de développement d'une activité économique susceptible d'améliorer leurs conditions de vie. Nous travaillons aujourd'hui avec des partenaires spécialistes du micro-crédit au Sénégal, au Bénin, au Niger, au Burkina Faso et bientôt au Mali.
Vous n'êtes pourtant pas les premiers à proposer ce type de prêt?
En effet nous avons découvert le site américain kiva.org il y trois ans de cela. L'idée semblait excellente et rien d'équivalent n'existait alors en France. Le site babyloan.org nous a devancé et a été mis en ligne en septembre 2008. Nous nous sommes alors interrogés sur la poursuite de notre projet. Néanmoins, notre approche reste différente, et nous sommes très attachés au statut associatif et à la non-lucrativité qui y est associée. Nos partenaires ont confirmé leur soutien, nous nous sommes donc lancés.
Le micro-crédit c'est vraiment de la solidarité ?
Nous pensons que le micro-crédit est un outil parmi d'autres qui permet de répondre à certains des besoins des populations au Sud. Il a été présenté comme l'outil miracle pendant quelques années avant d'être décrié depuis quelques mois. C'est vrai que de nombreux problèmes ont été mis en lumière : surendettement, taux usuriers, course au profit d'institutions de micro-finance...
Il nous semble tout de même que c'est un outil pertinent s'il est manié avec précaution par des organisations fiables et de préférence à but non-lucratif. Nous sommes particulièrement vigilants à ce que les projets sélectionnés et mis en ligne sur Xetic.org s'insèrent dans un projet global de développement local.
Concrètement si l'on veut prêter de l'argent, comment ça marche?
Cela fonctionne comme tous les réseaux sociaux. Vous commencez par créer un profil auquel vous pouvez joindre une image. Ensuite vous pouvez choisir le ou les projets que vous souhaitez soutenir et la somme que vous souhaitez verser. Comme sur un site de commerce en ligne vous validez votre panier et vous payez avec votre carte bleu via un site de paiements en ligne sécurisé. Les sommes sont reversées à Xetic qui les envoie mensuellement à nos partenaires africains. Ce sont eux qui se chargent de mettre en place le prêt directement avec le porteur de projet choisi par l'internaute mais aussi, et c'est essentiel, d'accompagner la personne dans la création ou le développement de son activité. Les internautes sont ensuite informés de l'avancement du remboursement. A la fin, l'internaute choisi, soit de récupérer la somme investie au départ, soit de la prêter à un autre porteur de projet.
Quelles sont les garanties pour « l'internaute prêteur »?
Nos partenaires locaux s'engagent à rembourser à la place de l'emprunteur si ce dernier venait à interrompre les paiements. De manière générale nous travaillons dans la transparence. 90 % des sommes qui nous sont versées arrivent dans les poches des porteurs de projet. Les 10 % restant servent à financer une partie de nos coûts de fonctionnement. Notre volonté n'est pas d'autofinancer notre activité. Ce choix entraîne souvent une course à l'activité qui nous semble dangereuse pour mener un travail sérieux. Nous préférons nous appuyer sur du mécénat et sur des financements publics.
Découvrez, par exemple, le projet d'Issouf Maha, au Niger, en cliquant ici.
Pour plus d'informations : www.xetic.org
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