La "coopérative d'activités" ou l'intelligence d'agir ensemble

Source : Rhône-Solidaires

Soumis par Guillaume Moutet / Promess le jeu, 18/06/2009 - 09:06.

La "coopérative d'activités" ou l'intelligence d'agir ensemble

Face à une situation de l’emploi qui se dégrade, la création d’activités (artisanat, services de proximités, etc...) est de plus en plus souvent évoquée comme une des réponses possibles.


En d'autres termes, le discours ambiant "si vous ne trouvez pas d'emploi, alors créez votre propre emploi" est une des réponses fréquemment mise en avant face au problème de la recherche d'une solution salariale (classique) pour des publics dits « hors du marché du travail ».

Arrivent alors, sur le « marché » de la création d’entreprise des individus contraints à créer leur entreprise car exclus du marché du travail : trop jeunes, trop vieux, trop diplômés, sans diplômes, avec des diplômes inutiles".

Certains d'entre eux ont des savoir-faire acquis lors de leurs expériences professionnelles et personnelles, des passions, qui peuvent correspondre à une activité commerciale ; certains ont une idée à développer, un projet. D'autres imaginent que le projet qu'ils n’ont pu développer au sein de leur entreprise est viable.

Par ailleurs le nouvel entrepreneur est souvent mal armé face aux nécessités et à la complexité qui dépasse la simple (avec tous les guillemets nécessaires) mise en oeuvre d'une offre capable de générer une demande et l'absolue nécessité de prêter sans arrêt attention aux réactions ou attentes de sa clientèle.

Un entrepreneur doit simultanément savoir gérer - vendre - produire. Souvent il ne "maîtrise" que l'un voire deux de ces "paramètres" et, de surcroît, il ne possède pas les moyens de survivre en attendant que le marché "réponde" à son offre.
Les coopératives d’activité ont cette particularité d’être transversales. L’accompagnement à la création d’activité est ouvert à tous, et particulièrement aux personnes considérées comme les plus en difficulté face aux mutations économiques et aux évolutions sociales :
Ainsi, les nouveaux entrants de l’année 2008 dans les coopératives d’activités sont pour plus de 70% des personnes sans emploi, plus de 20% des seniors âgés de plus de 45 ans, et plus de 51% sont des femmes. Aujourd’hui, pour l’ensemble des personnes accompagnées, plus de 72% étaient des personnes sans emploi à leur entrée, 26% sont des seniors âgés de plus de 45 ans, et 51% sont des femmes. Par leur objet social et l’accompagnement qu’elles développent, les coopératives d’activité sont donc bien ouvertes à tous et toutes et produisent des réponses efficaces même en direction des publics considérés comme les plus en difficultés.

L’entrepreneur en Coopérative d’Activités s’inscrit dans un parcours qui distingue les phases suivantes :

  • accueil, mise en action de leur projet: Après un diagnostic concret du contenu et de l’avancement de leur projet, un plan d’actions immédiates est mis en oeuvre, des objectifs sont fixés, les besoins immédiats en accompagnement sont identifiés et des solutions sont proposées
  • test de viabilité : ils développent leurs premières affaires, construisent des outils de communication et leur plan d’action commerciale. Ils financent les achats et frais liés à leur activité grâce à leur chiffre d’affaires
  • développement de l’activité: Les résultats de l’activité permettent de mettre en place un salaire régulier. Ils commencent à dépasser le stade de la survie, s’interrogent sur leur investissement, commencent à dépasser le SMIG
  • concrétisation, création d’entreprise ou de son propre emploi: leurs Chiffres d’Affaires se stabilisent, ils commencent à songer, à préparer leur départ ou à pérenniser leur statut de salarié en devenant associé de la Coopérative d’Activités
  • pérennisation de l’activité : s’ils créent, la coopérative continue à les accompagner, à les aider à fiabiliser leur gestion

Ils bénéficient parallèlement au développement de leur activité d’un suivi et d’une formation individualisés par des accompagnants professionnels confirmés dans des domaines tels que la comptabilité, la gestion, le commercial, la communication, l’administration des ventes…
Cet accompagnement est réalisé de manière pragmatique en fonction de la demande au cours du développement du projet dans les domaines de l’action commerciale, du marketing, de la communication, de la gestion, etc.

L’accompagnement collectif est également une priorité : des ateliers thématiques sont proposés sur les outils nécessaires au démarrage ou au développement des activités. Des temps collectifs plus informels peuvent être réservés à l’échange avec les entrepreneurs sur la vie de la coopérative, et aux échanges entre les entrepreneurs. L’appartenance à un réseau d’entrepreneurs est aussi un facteur clé de succès.
Il n'existe aucune limite de temps à cet accompagnement. Une entreprise, un projet, se construit dans la durée, pas à pas. Il ne peut être question d'imposer un laps de temps fixe mais des étapes à franchir, des règles à respecter.

Pourquoi « Entrepreneur-salarié » ?
Entrepreneur : c’est la réalité de ces personnes qui sont, avant tout des entrepreneurs assumant le risque de créer, développer une activité en toute autonomie (dans tous les sens du terme dans la mesure où chaque activité à une comptabilité en propre avec une trésorerie clairement identifiée).

Salarié : c’est le statut qui leur permet, en cas d’échec, de pouvoir « rebondir » sans passer par la cessation de paiement et, de reconstituer des droits.

Au delà de la seule solution individuelle, et avec le refus d’une démarche d’assistance, la coopérative d’activités développe une solution originale en offrant un espace, un cadre : de test en réel, d'apprentissage actif et d'accompagnement terrain.

Dominique Giacometti – Cap services


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