Régionales 2010 : les SCOP Rhône-Alpes interpellent les candidats
Source : Rhône-AlpeSolidaires
Soumis par Mathilde Chavagne / Urscop le lun, 22/02/2010 - 09:40.
A l'approche des élections régionales, l'Union Régionale des entreprises coopératives a voulu prendre la température auprès des têtes de liste FRONT DE GAUCHE, PS, MODEM, UMP et EUROPE ECOLOGIE. Parce que les bonnes relations avec les élus et services de la Région sont indispensables aux succès coopératifs de demain, l'Union Régionale souhaite avoir l'opinion des candidats sur les entreprises coopératives et leur vision des futures collaborations entre Région et mouvement coopératif.
Elisa Martin
FRONT DE GAUCHE
"Ensemble pour des régions à gauche solidaires, écologistes et citoyennes"
Comment percevez-vous les entreprises coopératives et le mouvement coopératif ?
Le mouvement coopératif se distingue en plaçant à égalité les ambitions économiques, sociales et écologiques. Il les met au service des personnes et des territoires. Aux critères de la rentabilité immédiate, il substitue l'efficacité sociale dans la production de biens et de services utiles au développement humain. La richesse y prend un autre sens. Les entreprises coopératives permettent de confier d'autres fonctions à l'entreprise que la seule recherche de profits. Elles participent activement à faire de Rhône-Alpes un territoire exemplaire de démocratie sociale, de relocalisation de l'activité économique et de reconversions écologiques et solidaires.
En quoi le statut coopératif peut-il être une réponse aux problèmes économiques actuels ?
Dans cette période, qui combine, certes, crises économique, mais aussi financière, sociale et écologique, les projets de l'économie sociale et solidaire permettent de développer ici et maintenant des démarches concrètes, qui dessinent les contours d'un autre monde, plus juste et respectueux de l'avenir de la planète et de l'Humanité. Au plan régional, les acteurs de l'ESS, notamment à travers le statut coopératif, peuvent ainsi donner les moyens aux citoyens et aux salariés de reprendre la main en créant des entreprises d'insertion et des coopératives, en valorisant l'entrepreneuriat social, en développant les circuits alimentaires courts et en soutenant la création de filières économiques écologiques. Afin de faire évoluer radicalement nos modes de production et de consommation, en passant de la résistance à la révolution conservatrice à la création pour un mieux vivre ensemble.
De quelle manière comptez-vous soutenir le mouvement coopératif ?
D'abord en inscrivant le mouvement coopératif en cohérence avec notre projet pour la Région Rhône-Alpes : presque tout le monde se réclame aujourd'hui de l'ESS, du commerce équitable et de l'écologie... Ce qui distingue notre mouvement, c'est de placer à égalité les ambitions sociales et écologiques. C'est aussi notre volonté de revitaliser les services publics (formation, éducation, énergie, eau, transports...) en liaison avec les acteurs de l'économie sociale et solidaire, partenaires privilégiés de la défense du bien commun.
Nous mettrons donc en oeuvre des politiques publiques d'appui à la reprise/transmission d'entreprises sous formes coopérative et associative (SCOP et SCIC) notamment par le biais d'une banque publique régionale pour que les projets trouvent un soutien financier quand les banques privées leur refusent. Nous donnerons la priorité à l'ESS pour les appels d'offre et pratiquerons la « désobéissance civique » en cas de besoin. En relation avec les réseaux, nous soutiendrons les initiatives d'habitat autogéré et coopératif, les circuits courts, la monnaie solidaire complémentaire (type SOL) et de manière générale les projets souvent novateurs et pleins de bon sens qui émergent au sein de l'ESS.
Philippe Meirieu
EUROPE ECOLOGIE
Comment percevez-vous les entreprises coopératives et le mouvement coopératif ?
Le mouvement coopératif représente, pour moi, la véritable alternative économique, sociale, politique, et même éducative, à un monde qui a fait de l’individualisme et de la concurrence ses principes de fonctionnement dans tous les domaines. Inscrit dans une longue histoire, trop souvent oubliée, il promeut la construction de collectifs responsables et solidaires qui produisent des richesses matérielles et humaines, et sans jamais séparer les deux aspects. C’est pourquoi il incarne si bien le projet même de l’écologie politique.
En quoi le statut coopératif peut-il être une réponse aux problèmes économiques actuels ?
Quand l’économie de marché fonctionne en promouvant le gaspillage pour mieux rémunérer le capital, le statut coopératif s’attache à produire ce qui aide les hommes et les femmes à vivre mieux : il crée de l’emploi durable, mobilise les personnes dans des projets socialement utiles, permet de lutter contre la surchauffe publicitaire et financière en prenant en compte la durabilité des usages, la qualité environnementale, le développement de la citoyenneté… Il constitue un fabuleux gisement d’emplois tant quantitativement que qualitativement. Mais aussi une manière de changer le rapport au travail et le rapport au monde.
De quelle manière comptez vous soutenir le mouvement coopératif ?
En permettant aux entreprises coopératives un meilleur accès à la commande publique, en les accompagnant de manière préférentielle en matière de formation, en créant des « zones franches coopératives », en mettant en valeur les réussites exemplaires du mouvement coopératif. Mais la Région doit également promouvoir la conversion en SCOP de toute entreprise qui a des difficultés financières ou dont les dirigeants viennent de partir. Nous proposons un principe simple dans notre programme : un euro investi par la Région pour un euro investi par les salariés. Parce qu’elle contribue à réconcilier l’homme et le monde, l’entreprise coopérative devra être une des priorités de l’intervention régionale.
Azouz Begag
MODEM
Comment percevez-vous les entreprises coopératives et le mouvement coopératif ?
Le projet politique du MoDem se résume en un mot : humanisme. Nous plaçons l’Homme au centre de chaque question de société. Les entreprises coopératives sont une véritable réponse à la crise économique et financière que nous vivons. Nous devons faire la promotion de ce mode de gestion dans les entreprises car il rassemble les éléments essentiels et fondamentaux de l’entreprise : productivité, motivation des salariés et partage de la valeur ajoutée.
En quoi le statut coopératif peut-il être une réponse aux problèmes économiques actuels ?
La réussite d’une entreprise est liée principalement à sa capacité d’innovation technologique, commerciale, sociale et environnementale. Une entreprise doit bâtir un projet partagé par l’ensemble des forces vives avec beaucoup de réactivité et de souplesse, de manière à répondre aux exigences du marché. Cependant, la concurrence mondiale est sauvage. Nous devons imposer un modèle social et environnemental respecté par tous les acteurs de l’économie, en commençant par l’Europe et les autres pays du monde.
De quelle manière comptez vous soutenir le mouvement coopératif ?
Le Schéma Régional de Développement Economique doit être partagé par l’ensemble des acteurs (Europe- Etat- Région- Département- Communauté de communes- Chambres consulaires). Le statut coopératif doit être promu plus fortement.
Les structures d’accompagnement du mouvement coopératif doivent être aidées en partenariat avec les autres acteurs pour accompagner ce type d’entreprises lors de leur création et pendant les 5 premières années.
Les financements pour la création et le développement doivent être bonifiés d’une manière significative de manière à démontrer l’intérêt du système et la volonté politique.
Les structures de formation existent aussi bien pour les dirigeants que pour les salariés. Il serait peut être intéressant de créer une Ecole des cadres de la coopération de manière à se donner les moyens nécessaires pour développer ce système.
Jean-Jack Queyranne
PS
Comment percevez-vous les entreprises coopératives et le mouvement coopératif ?
Les coopératives ont été initiées à Lyon, en Rhône-Alpes au XIXe siècle, par le mouvement ouvrier naissant. Cette tradition qui s’est développée au cours du temps, montre l’ancrage du mouvement coopératif en Rhône-Alpes. Fort de sa capacité d’innovation, il représente aujourd’hui 210.000 emplois et il est présent sur tous les territoires, dans une grande diversité d’activités.
En quoi le statut coopératif peut-il être une réponse aux problèmes économiques actuels ?
Le statut coopératif est pleinement dans l’économie du 21è siècle. Celle-ci doit être porteuse d’innovation technologique, de cohésion sociale, d’égalité professionnelle, de responsabilité écologique. Ce sont les clés d’une nouvelle croissance, respectueuse des hommes et des femmes qui travaillent au sein des coopératives.
Les coopératives placent les hommes et les femmes qui y travaillent au cœur de l’entreprise. La règle d’un homme/une voix, leur participation au capital, ouvrent la possibilité d’un autre partage des richesses.
De quelle manière comptez vous soutenir le mouvement coopératif ?
Dans ce mandat, avec le concours des acteurs de l’économie sociale et solidaire, réunis au sein de la Chambre Régionale, nous avons choisi de rendre les coopératives éligibles à tous les dispositifs d’aide aux entreprises. Nous avons mis en place Transméa, un dispositif d’aide à la reprise et à la transmission d’entreprises sous forme coopérative. Nous avons créé un contrat sectoriel bénéficiant à toutes les entreprises de l’économie sociale et solidaire : nous y avons consacré plus de 3 millions d’euros au cours des 3 dernières années. Dans le prochain mandat, nous doublerons ce financement et nous renouvellerons le contrat sectoriel pour accompagner le développement des coopératives, avec les emplois à forte valeur ajoutée qu’elles peuvent créer.
Françoise Grossetête
UMP
Comment percevez-vous les entreprises coopératives et le mouvement coopératif ?
Les entreprises coopératives constituent un mode d’organisation de ressources humaines, de moyens financiers et de moyens matériels pour mener un projet entrepreneurial. Elles ont leur place au sein du tissu économique aux côtés des autres entreprises, dans le respect des règles de la concurrence loyale. Elles ont une histoire riche en Rhône-Alpes, avec un mouvement coopératif dynamique qui s’est structuré, favorisant l’échange d’expériences.
En quoi le statut coopératif peut-il être une réponse aux problèmes économiques actuels ?
Particulièrement en cette période de crise, il faut redoubler d’efforts pour soutenir la création et la transmission d’entreprises, et éviter la disparition d’entreprises suite aux défaillances. Le statut coopératif peut être une solution lorsqu’un collectif de salariés est prêt à reprendre une entreprise en difficulté. Il peut aussi être adapté dans certains cas de transmission d’entreprises, assurant ainsi le maintien des savoir-faire. Pour consolider notre tissu économique, nous devons saisir toutes les opportunités et les coopératives en font partie.
De quelle manière comptez-vous soutenir le mouvement coopératif ?
La Région est faite pour créer les bonnes conditions du développement économique et pour apporter un appui aux entreprises, notamment aux TPE et PME. Du fait de leur nature, la création et le développement des entreprises coopératives présentent des spécificités. Si je pense qu’il faut simplifier le dispositif d’appui aux entreprises, il doit pour autant répondre à toutes ses composantes. Les aides aux entreprises coopératives doivent donc être adaptées, notamment dans la dimension de préparation au management. Je crois aussi que la Région, dans son soutien au tissu économique, doit s’appuyer sur les compétences qui existent et ne pas chercher à toujours créer de nouvelles structures. C’est pourquoi, dans l’appui aux entreprises coopératives, la Région doit s’appuyer sur les ressources du mouvement coopératif.
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élections régionales (...)
bonjour, vous n'avez pas interpellé le NPA ? dommage! le NPA lui a interpellé les coopératives, et les associations de coopératives......qui n'ont pas répondu ou de manière très agressive ...étonnant non ?
scop et front de gauche liste ensembre (...)
Bonjour
Dommage que vous n'ayez pas interrogé les listes Ensemble/Front de Gauche. Elles font de l'économie sociale et solidaire, et en particulier des coopératives Scop et Scic un axe majeur des formes d'organisation à promouvoir, accompagner et soutenir.
Allez lire le programme. Nous aurons des élus dans toutes les régions.
Michèle Dessenne
candidate en IDF M'PEP et toujours membre d'une Scop
En Rhône Alpes 4 candidats du M'PEP
www.m-pep.org
scop et front de gauche liste ensemble (...)
Bonjour,
Nous venons de recevoir le témoignage d'Elisa Martin. Vous pouvez le lire dans ce même article.
Bien cordialement,
Mathilde CHAVAGNE
Union Régionale des SCOP Rhône-Alpes