Un DVD produit par FAC contenant 10 entretiens courts (5' maxi) avec Philippe Davezies (enseignant chercheur santé travail Lyon 1) sur les questions essentielles relatives à la relation santé et travail.
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Souffrance au travail (par A. Astouric)
Souffrance au travail : vu l’ampleur des dégâts rien en soi n’est suffisant !
Depuis deux décennies les techniques managériales de mutation organisationnelle permanente, de travail en mode projet, de réingénierie, d’empowerment* et de rémunération variable individuelle ont poussées les hommes, pardon ! les ressources humaines, vers la religion de la mobilité, la transformation permanente, la flexibilité, la polycompétence et l’individualisation des résultats au sein d’une entreprise prétendument individualisée pour le bien de tous.
Or, s’il est exact que ces évolutions peuvent offrir certaines opportunités de responsabilisation des salariés et de mise en place d’organisations moins hiérarchiques, elles font surtout peser de graves risques sur la santé mentale des travailleurs.
Aussi nous ne pouvons que regretter le silence, en particulier politique et dans une moindre mesure journalistique, qui a longtemps prévalu à propos de la souffrance au travail.
‒ Nous regrettons d’abord l’injonction paradoxale à l’autonomie qui a été faite aux salariés, sans jamais s’être assuré qu’ils y soient prêts, sans toujours leur avoir donné les moyens afférents et sans avoir non plus suffisamment intégré le frein que constitue en parallèle la procéduralisation excessive du travail. L’organisation est aujourd'hui exagérément normée et l’employé n’a plus le droit, faute de se le voir reprocher, de dévier des tâches à accomplir les unes derrière les autres ;
‒ Nous regrettons en second lieu la mise en concurrence des équipes. Une sorte de compétition qui, à l’instar des pratiques individualisantes, des modes de travail concurrentiels et des menaces de mise au placard ou de licenciement, continue à ravaler les gens au rang de simples ressources ;
‒ Nous regrettons en suite l’idée même de qualité totale, comme nous le faisions dès 2004 dans Le management durable
management-durable-concret-r%C3%A9ussir-ensemble/dp/285008543X/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1301146198&sr=1-1" title="http://www.amazon.fr/management-durable-concret-r%C3%A9ussir-ensemble/dp/285008543X/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1301146198&sr=1-1">http://www.amazon.fr/management-durable-concret-r%C3%A9ussir-ensemble/dp...
[…] les appellations aux allures excessives comme, qualité totale, zéro défaut ou excellence qui ne font aucune place à la réserve, ignorent la nuance et oublient les concessions afférentes à l'imperfection humaine, sont à manier avec précaution, si ce n'est à regarder avec suspicion […] La perfection n'est pas encore de ce monde ! D’ailleurs, si comme nous l’entendons de plus en plus souvent le risque zéro n’existe pas, comment la qualité totale pourrait-elle exister ?
Alors que faire en ces temps du triomphe de l’individualisme ?
Etant donné qu’on ne peut pas revenir en arrière, il est urgent de reconstruire l’entreprise. Non pas par nostalgie du passé mais parce que l’on tient là l’unique façon de réussir l’avenir.
Maintenant que les partenaires sociaux sont parvenus à un accord sur le harcèlement visant à mieux détecter la violence dans les entreprises, le moment est venu pour les branches professionnelles de mettre en place les outils adaptés à la situation de leurs secteurs. C’est-à-dire, pour l’essentiel : systématiser vraiment l’accompagnement des changements ; instaurer un délai minimum de stabilité après chaque changement de poste et, comme le recommande le rapport Lachmann de février 2010, prévoir une étude d'impact social avant toute restructuration significative.
Parallèlement à ces trois mesures structurelles, il est plus que temps de donner enfin à la maîtrise et aux cadres non seulement une réelle et suffisante marge de manœuvre mais aussi une formation sérieuse, complète et concrète, d’abord aux problématiques de la santé et du bien-être au travail, ensuite, et surtout, aux dix techniques qui fondent (depuis presque toujours) le management efficace d’une équipe au travail :
• La communication interindividuelle ;
• La gestion du changement dans les Organisations ;
• La recherche de l’amélioration de la qualité ;
• La délégation de pouvoir ;
• La prise de décision ;
• La négociation interindividuelle ;
• La motivation de l’homme au travail ;
• La conduite de réunion ;
• La prise de parole en public ;
• L’entretien de face-à-face.
Nous sommes bien conscient que vu l’ampleur des dégâts rien en soi n’est suffisant et que la pédagogie à elle seule n’est pas la panacée. Mais si l’on n’utilise pas en premier lieu les moyens existants, ceux là même qui ont depuis longtemps fait leurs preuves, rien ne sera jamais résolu.
En outre, parce qu’en matière de relations sociales dans le travail, de conditions de travail et d’organisation du travail la démarche collective est toujours à privilégier, nous insistons sur la nécessité à former les décideurs et dirigeants ‒ surtout les plus jeunes ‒ au minimum aux problématiques de la santé et du bien-être au travail ainsi qu’à la gestion du changement dans les Organisations. De préférence à la totalité de ce même programme.
On a là un train de mesures qui en ne confondant pas prévention du stress et poudre aux yeux devrait nous permettre de regagner suffisamment de confiance et d’adhésion pour, enfin, travailler mieux.
D’autant que les moyens existent de détecter les causes du stress, et donc d’agir en amont, par exemple ThermoStress
http://www.grimmersoft.com/grimmersoft/cms/54-151/presentation-de-thermo...
Source
http://astouric.icioula.org
* La réingénierie consiste en un écrasement de la pyramide hiérarchique par disparition de la plupart des agents de maitrise et cadres de proximité. L’empowerment, au prétexte de lui offrir l’autonomie, aboutit en réalité à placer le salarié dans une position intenable entre, d’une part la stricte obligation de résultats immédiats et d’autre part le strict respect de normes, règlements procédures et processus.
souffrance au travail
ya rien d'intéressant dans l'estrait si ce n'est sa généralisation
rien sur les mécanismes en jeu, sur les causes....et ça ne donne même pas envie d'aller plus loin
J'attendais la confirmation ou non de mes hypothêses
heureusement il y a des auteurs qui sont allés bien plus loin en particulier sur les mécanismes en oeuvre
tarek.mandhouj@laposte.net
la souffrance au travail est un sujet qui fait partie de la grande souffrace dans notre societé de consomation. ça sera interressant de developper des thematiques( des temps de parole) qui permettent aux travailleurs et ouvriérs non pas d'etre ecoutés uniquement mais d'exprimer ce que les concernés - emplyés, employeurs, professionels de la santé, hommes politiques...- hesitent de l'aborder. 2 questions: 1) qui subit la souffrance? La personne qui est sur le poste du travail ou tout l'entourage familial et toute la société? 2° Qui produit la souffrance au travail? L'outil de production, ou l'ordre pour produire? Ou plutot l'etat d'espris du souffrant ou du donneur d'ordre ( le chef...). pour quoi on souffre au travail? POUR QUI ON souffre? comment faire pour sortir de cet engrenage qui pourri la vie à plusieurs?
souffrance au travail.
Tarek, tes questions sont les bonnes et comment sortir de cet engrenage? ta proposition de groupe de paroles ne répondra qu'à certains groupes de salariés, d'autres seront murés dans leurs culpabilités, se sentant tellement coupables que les mots ne pourront expliquer , définir; guérir, leurs maux.
il faut pour répondre à tous ces paramètres qui englobent la souffrance au travail au point de se suicider, vouloir disparaître, même le seul fait d'y penser, se faire accompagner par des services extérieurs, encore faut il trouver la bonne écoute. Les medecins du travail sont ouverts de plus en plus à ces problèmatiques. Quand tu évoques l'état d'esprit du souffrant ou du donneur d'ordre tu es dans le vrai, mais le souffrant est tellement culpabilisé qu'il se retrouve dans une spirale comme une vis sans fin au poit de vouloir en finir, Quand aux donneurs d'ordre, aux petits chefs, ou à ceux qui jouent aux chefs, je pense que leur ego est démesuré avec un ajout de perversité, qiu peut aller jusqu'au machiavélisme, pour d'autres se sera pitoyablement du management médiéval.
extrait à un sens
Il parait présomptueux d'attendre plus qu'une présentation générale d'un sujet dans un extrait de 50 secondes... Il faut surtout voir le film.