Dans le Rhône, malgré des renforts hivernaux, le dispositif d’hébergement est saturé. De nombreuses personnes ont renoncé à faire appel au 115 et vivent à la rue, chez des tiers, en squat ou en bidonville. En dépit de la loi (art. L345-2-2 du CASF), une centaine de personnes ayant sollicité un hébergement se trouve actuellement contrainte de dormir dehors. A la fin de l’hiver, elles seront près de 400. Certaines d’entre elles pourraient cependant accéder au logement.
Dans un contexte de crise, le nombre d’expulsions explose. Les salariés modestes s’entassent dans des appartements trop petits. Les besoins en logement social ne cessent d’augmenter, les moyens pour en construire diminuent et les politiques sociales de l’habitat se resserrent. Ainsi, alors que 50 000 demandes de logement social sont en attente dans le Rhône, seulement 2 000 nouveaux logements sont produits chaque année. Les problèmes de l’hébergement et du logement sont interdépendants. Il est grand temps de proposer et de mettre en œuvre des mesures de fond, répondant à une vision de long terme.
C’est pourquoi nous demandons :
A court terme :
- La création de deux structures d’hébergement pérennes permettant une prise en charge médico-sociale adaptée des personnes accueillies, et ce quelle que soit leur situation administrative
- Une rencontre avec le Préfet afin d’engager un dialogue sur la situation de l’hébergement dans le Rhône, premier pas vers une concertation continue entre Etat, collectivités territoriales et associations
- La mobilisation de l’offre de logement inexploitée : rassemblement de tous les acteurs publics et institutionnels (Etat, Grand Lyon, SNCF, EDF, aménageurs, éducation nationale, villes, grands groupes privés…) susceptibles de détenir un patrimoine mobilisable, autour d’un « plan permanent de mobilisation de l’offre immobilière institutionnelle »
- La signature d’un « consensus local » entre l’ensemble des réservataires du logement social, pour répondre prioritairement aux besoins les plus urgents et aux sorties d’hébergement. A moyen terme :
- Un effort tangible pour la création de formes novatrices de logement adapté
- Une politique foncière et urbaine au service des besoins sociaux : une stratégie de maîtrise publique des sols, une stratégie urbaine permettant de construire plus de logements sociaux, au plus près des services et des transports
- Sur le parc privé : une stratégie affichée de maîtrise des prix, à travers la fiscalité locale, l’orientation des aides publiques, la primauté aux projets visant à satisfaire les besoins sociaux de la population, la promotion de l'habitat non-spéculatif.
Contact : rhone@attac.org
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